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L’égalité : un concept à questionner

François OSSAMA 17/08/2026

La revendication féministe qui surgit au 19e siècle a pour objet l’égalité des droits politiques, économiques et sociaux des femmes. Elles veulent avoir accès à la propriété, aux études universitaires, au droit de vote, etc. C’est ce qui a été appelé « la première vague du féminisme ». L’on ne peut contester la légitimité et la justesse éthique de ces revendications, dans la mesure où elles tentaient de corriger à juste titre une structure patriciale dont les excès avaient littéralement chosifié la femme dans l’histoire.

Cependant, alors que les premières avancées liées à ces revendications étaient enregistrées (droit de vote, droit de propreté, accès à l’université, etc.), surgit à partir des années 40, un féminisme idéologique et radicale portée par la philosophe française Simone de Beauvoir. Inspiré du marxisme, ce féminisme ne revendique pas seulement des droits des femmes, mais il veut déplacer le débat sur un terrain anthropologique et politique.

Anthropologique, parce qu’il postule que la femme ne peut être définitivement émancipée et libérée que si elle renonce à sa féminité et à ses rôles sociaux de mère et d’épouse. Simone de Beauvoir dira cette phrase devenue un hymne du féminisme radical : « On ne naît pas femme, on le devient » ; elle fait une critique extrême de l’institution du mariage, ainsi que de la maternité qu’elle accuse d’être des instruments au service de la domination de l’homme ; une de ses héritières, la philosophe Elisabeth Badinter ira plus tard jusqu’à contester la réalité de l’instinct maternelle.

Politique ensuite parce que Simone de Beauvoir veut installer la femme dans une dialectique de « lutte des classe de sexe ». Pour elle, l’horizon final de la « lutte » des femmes n’est pas l’égal traitement politique, économique et social avec les hommes, mais une subversion où la femme l’opprimée d’hier devient l’oppresseur (logique marxiste).

C’est ainsi qu’en entrant au 21e siècle, la femme se retrouve prise entre deux courants (situation paradoxale) : malgré les gains ou les avancées obtenus dans la conquête de ses droits, la situation reste fragile, car le patriarcat dans ses excès demeure vivace y compris dans les sociétés occidentales (exemple les violences), mais de l’autre côté lui est proposé un chemin radical. Se pose alors la question suivante : quel équilibre construire pour une société juste et harmonieuse, comment envisager l’égalité entre l’homme et femme ?

Pour nous chrétiens, il difficile de répondre à une question aussi grave sans interroger les référentiels de notre foi, les Saintes Ecritures dont la vérité première est que Dieu est le Créateur de l’humanité. Qu’a-t-il dit ? Lorsque le débat sur le divorce anime les pharisiens et qu’ils cherchent, non sans malice, le point de vue de Jésus, le Seigneur les renvoie à la Genèse. Qu’en est-il au Commencement ? Le chrétien peut adopter une démarche similaire avec la question de la femme : qu’en est-il au Commencement ?

Homme et femme, il les créa

Le regard sur les Saintes Ecritures se porte en particulier sur deux textes du premier et du deuxième récit de la Création : Gn 1, 26-28.

26 Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, comme notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toutes les bêtes sauvages et toutes les bestioles qui rampent sur la terre.
27 Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa.
28 Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez, emplissez la terre et soumettez-la; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre.