De nombreux sages ont présenté l'amour comme un jardin de fleurs. Les fleurs expriment d’une manière unique la beauté de la Création de Dieu ; voilà pourquoi elles riment avec l’amour. Il ne faut cependant pas oublier que cette image qui associe l’amour et le jardin de fleurs a un corollaire évident : un jardin s'entretient !

En effet, passés les moments fusionnels de leurs fiançailles, et de la célébration festive de leurs noces, la plupart des époux ne s'investissent plus pour entretenir leur amour, pour que leurs cœurs continuent de vibrer ; alors inexorablement, leur amour fane, comme la fleur non entretenue du jardin fane.

Que faire ? Nous revenons sur les conseils formulés tout au long de l'année de formation de l’Ecole des Fiancés, et principalement :

1. S'apprécier : « aimer, c'est apprécier ; s'aimer, c'est s'apprécier ». Faire en sorte que l'appréciation prenne le pas sur les critiques et les reproches permanents comme : « Tu ne fais pas ceci », « Tu n'es jamais... », « Tu es toujours... », etc. Chacun de nous a besoin de gratitude, de reconnaissance. Un époux ou une épouse peut être tenter par la fuite parce qu’elle pense qu’il ou qu’elle n’a pas sa place à côté de ce conjoint qui le (la) dévalorise sans cesse, ne lui attribue aucun mérite, ne sait pas l’apprécier. L’appréciation nous permet de nous sentir aimés du conjoint ; et en retour, elle accentue notre élan vers la poursuite du bien.

2. Se respecter : « aimer, c'est respecter ». Le respect est un critère de premier ordre de l'amour. Le respect du conjoint se montre en premier lieu dans le langage. Il implique un effort de maîtrise de soi pour ne pas blesser par des mots durs qui laissent toujours des traces indélébiles dans le couple. De plus, le respect rime avec l'empathie : prendre l'autre comme nous-même. Respecter, c’est aussi considérer non pas seulement le conjoint qui est face à moi, mais aussi l’individu ; alors on ne le blesse pas, on lui laisse un espace de croissance dans ses propres projets et perspectives professionnelles, intellectuelles et spirituelles. 

3. S'accorder un temps de vie à deux : « aimer, c’est se faire présent pour l’autre ». L'amour a besoin de présence. Il n’y a pas d’autres moyens de développer la complicité entre les époux que de faire des choses ensemble, avoir des activités communes : la prière, la Messe, le sport, certaines tâches ménagères, les sorties festives ou en tête en têtes, etc. Il est difficile qu’un couple qui n’a absolument aucun intérêt commun, aucune activité comme (loisir, économique, spirituelle, associative, etc.) soit épanouie. La joie d’être et de rester ensemble se dissipe. Les enfants ne peuvent pas être le seul facteur d’unité du couple.

4. Lutter contre l'orgueil : « faire grandir l’amour revient toujours à un combat contre l’amour ». L'amour et l'orgueil ne marchent pas ensemble. L'amour ne tient pas si l'on n’est pas capable de reconnaître ses erreurs, si l'on cherche à toujours avoir raison, faire tourner la vie du foyer autour de soi. Même un personne aimante et bien disposée peut voir son amour obscurcit par l’orgueil. Pour lutter contre l’orgueil, il faut partir sur des choses simples : accorder de l’intérêt pour le conjoints et les enfants, dans le sens affectif du terme ; s’exercer à servir à la maison, s’exercer à l’écoute, en apprenant à écouter l’autre sans l’interrompre.

En conclusion, faire grandir l’amour ne va pas sans contrariétés, sans doutes ; il y a des crises à surmonter, mais qui sont aussi les moments où se découvrent soi-même et l’autre, et les limitent se posent. L’amour est persévérant ; il requiert de la patience comme le travail du jardinier, avec un vrai désir d’aller de l’avant dans la promesse de bien que l’on a faite à l’autre : « Pour l'amour d'une rose, le jardinier est le serviteur de mille épines », dit le sage.  

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